mercredi 22 juillet 2026
AccueilCHRONIQUESLe 1/4 d'heure de LineA m’asseoir sur un banc en Alsace #7

A m’asseoir sur un banc en Alsace #7

Ja wàs esch des, è «aire de jeux» ? aurait pu dire Mémé Louise devant ses arrières-petits-enfants surexcités à l’idée d’aller y faire un tour… On lui aurait expliqué que c’est un Spelplàtz (terrain de jeu), un endroit souvent délimité, fàrwich (coloré), kràmbolerisch (bruyant), où l’on trouve toutes sortes de Üsstower (défouloirs) pour petites boules d’énergie nett heenzebrenge (increvables).

Oui Mémé, un peu comme la Schir (grange) et le Spicher (genier) où vous faisiez les quatre cents coups. Mais là, à place du Hai-Kràne (de la grue à foin) et des Bendle (bottes de foin), il y a des Schaukle (balançoires), des tape-culs, des structures où on peut kràttle (grimper), des toboggans, des Draaj-kritze (tourniquets) et… des bancs. Ah non, nett fer d’Kender (pas pour les enfants) ! Pour les Éltere (parents) évidemment, les Gros-Éltere (grands-parents), nounous, grands frères ou toute autre personne habilitée à surveiller ce petit monde.

Alors là je vais vous révéler l’aire de jeux la plus weichlich (cosy), la plus nature et la plus éloignée de tout Verkehr (toute circulation) qui se situe pourtant au cœur du très joli village de Seebach. Entre Màtte (prairies) et Resser (chevaux), c’est là que se trouve le banc qui sera le refuge de ma prochaine heure à penser à tout et à rien. Ou à échanger, avec d’autres gens ravis d’être là, sur nos déboires éducatifs, tout ça les yeux rivés sur ma progéniture qui me harcèle de : «Màmme, lüej !»(«Maman, regarde») ! Ce banc ombragé devient celui du Veere-Asse (quatre heures) à partager, des «bravo» après un Gogelsprung (une cabriole), des larmes à sécher après è Kunststeckel (une prouesse) moins maîtrisée. C’est le banc des Erennerunge (souvenirs) qui se créent au gré des rencontres qu’on y fait. Un banc qu’on quitte ewermeed (épuisé) alors qu’on n’a pas bougé, en espérant que les petits eux soient todmeed (morts de fatigue).

Àm And vum Leed (au bout de la chanson = au bout du compte) le plus important, c’est que tout le monde ait passé è güeter Momant (un bon moment). Quelque chose me dit qu’on va wedder kumme (revenir).

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