En Alsace, Spindler est synonyme de marqueterie d’art. Au premier regard devant une marqueterie, sans même chercher la signature, on s’exclame « c’est un Spindler ». On ne risque pas trop de se tromper, leur marqueterie figurative a séduit toute l’Alsace. Pour toutes les familles, il faut posséder un Spindler. L’histoire est extraordinaire et l’on se demande combien de fois Jean-Charles Spindler doit encore raconter plus d’un siècle d’histoire avec ses prédécesseurs, son père et son grand-père devant tous les hôtes à Saint-Léonard, ce lieu rempli d’histoires, là où tout a commencé. Le nom Spindler est une synthèse de l’histoire des Arts et Traditions Populaires d’Alsace et d’une évolution vers un art plus contemporain qui reprend et préserve les inspirations les plus fascinantes. On ne peut dissocier l’impact des Spindler du cercle Saint-Léonard, de la Kunsthafe, de la Léonardsau ou de l’historique salle d’hiver de la Fourchette des Ducs.
Jean-Charles reprend l’atelier d’art familial en 1975, mais il passera très vite de l’art décoratif à des marqueteries plus contemporaines, s’exprimant avec la même matière dans le même atelier, mais à sa manière. Son talent est reconnu et les commandes affluent du monde entier. Ses marqueteries sont des œuvres d’art à part entière qui poussent la discipline résolument dans le 21e siècle. Le résultat est époustouflant et d’une grande modernité, la marqueterie aussi est redevenue plus naturelle, plus végétale.
Jean-Charles porte l’héritage, mais réalise des commandes sur mesure et s’exprime avec son talent et son inspiration personnelle. Il a été distingué du Bretzel d’or en 1984. L’Institut aurait été bien inspiré de lui remettre trois Bretzels d’or d’un coup, le sien et les deux autres à titre posthume pour Charles et Paul. Et sans doute un quatrième pour Fanny Spindler qui a réalisé le magnifique documentaire Spindler, l’art en héritage, encore visible jusqu’en septembre sur le site de France TV.



