On a levé les bras pour les Verts de 1976, le titre du Racing en 79, la ligue des Champions de l’OM en 93, la Coupe de Monde 98, l’Euro 2000, le PSG l’an dernier et cette année encore, je ne l’explique pas, mais le foot, comme le tennis (Noah, la Coupe Davis, Kouamé), parfois le basket (la SIG championne de France en 2005), fait vibrer ma fibre patriotique, mais il m’est arrivé d’avoir ma larme à l’œil et des émotions très fortes pour la victoire d’une joueuse belge ou le titre olympique d’un Américain. Les victoires sont belles, elles racontent la vie, elles remplissent de joie les hommes et les femmes de cette planète dans des élans de fraternité qui construisent de belles valeurs universelles. On aime le jeu lorsqu’il est partagé par un peuple qui se réunit dans l’enthousiasme et le respect. Alors, après la deuxième victoire en Ligue des Champions du PSG soft power, un sentiment de colère et d’impuissance m’a envahi, une fois encore des idiots ont gâché la fête, il y a même eu des morts.
Ce qui domine c’est un sentiment de profonde tristesse. Les gens qui en ont profité pour faire régner la violence ne revendiquent rien, ils ne se battent pas pour une cause noble, non, ils sont juste là pour gâcher le plaisir de millions de gens, ils cassent, ils détruisent, ils saccagent, ils abîment, ils font des bras d’honneur à la démocratie, sans doute pour oublier ce qu’ils sont… Comment arrêter ça ? Je ne sais pas, c’est comme des coulées de boue, on a l’impression d’être totalement impuissants. La Coupe du monde va démarrer cette semaine, au pays de Trump où, après 2022, le monde du football fait la promotion des droits humains, du respect de l’autre, des différences et de l’honnêteté intellectuelle, tout va bien dans le pire des mondes. Espérons que le foot ne démontre pas une fois encore qu’il est le bras armé de l’intolérance et du fanatisme, qui comme l’on sait apportent du bonheur dans nos foyers. J’aime le football depuis petit, mais, – il y a décidément beaucoup trop de mais -, la bêtise et la violence font partie de ce sport, à tous les niveaux. Le pire serait de l’accepter, de baisser les bras.


