mardi 28 avril 2026
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Les grands Bretzels d’or – Alfred Kastler

Né en 1902 à Guebwiller, Alfred Kastler a obtenu le Prix Nobel de Physique en 1966 pour la découverte de méthodes optiques permettant d’étudier la résonance hertzienne des atomes, et son Bretzel d’or en 1979.

En 1949, il publie pour la première fois, en collaboration avec son élève Jean Brossel, le principe d’une méthode optique de « détection de la résonance magnétique des états excités », que l’on appellera par la suite la méthode de double résonance. Ses travaux sont devenus essentiels dans de nombreux domaines allant de la microchirurgie aux réseaux de télécommunications. Ils ont contribué à la mise au point de techniques innovantes dans l’imagerie médicale telles que l’IRM et ont préparé l’invention du laser.

Il démarre sa scolarité en allemand, fréquente le lycée Bartholdi de Colmar jusqu’à Normal Sup, termine major à l’agrégation de physique et peut se lancer dans une carrière d’enseignant à Mulhouse et Colmar, une carrière qu’il finira à la Sorbonne où il restera jusqu’en 1968. En parallèle, Alfred Kastler poursuit une intense activité scientifique. Membre du directoire du CNRS, il est également nommé directeur du Laboratoire de l’Horloge atomique en 1958. Son arbre généalogique le rapproche d’Albert Schweitzer, les deux prix Nobel alsaciens sont de lointains cousins.

Outre ses nombreuses charges et occupations scientifiques, Alfred Kastler trouve encore le temps de s’adonner à l’une de ses passions, la poésie qu’il écrit en langue allemande. Il est également reconnu comme défenseur des Droits de l’Homme, comme pacifiste et comme européen convaincu. Jean Brossel, son élève et collaborateur dira de lui que « sa richesse intellectuelle tenait au fait qu’il avait parfaitement assimilé la culture allemande et la culture française ».

Devant l’évolution de l’humanité telle qu’elle apparaissait dans les années 60 et 70, comment ne pas être pessimiste ? Alfred Kastler fait l’expérience des dégâts de toute nature qu’entraînent les nationalismes, il tire quelques leçons de l’histoire, de sa propre histoire d’Alsacien et s’accroche à une certaine idée de l’Europe. À une utopie, une prophétie : l’Europe unie, vécue comme patrie.

Europa. Heimat der Zukunft
Einer Mutter Gebären tut weh
Wir harren auf deine Niederkunft
Frühlingsblume sprenge den Schnee !

Europe en devenir, patrie à venir
Pas d’enfantement sans douleur

Certes, mais en toi nous gardons l’espoir
Que la fleur du printemps perce enfin la neige !

Cet acte de foi, écrit en allemand et traduit en français « Europe, ma patrie » donne son titre, son sens politique et moral au volume des Deutsche Lieder eines französischen Europers (chants allemands composés par un Européen français), qu’il publie à Paris en 1971. Son ouvrage poétique contribue à décerner le Grand Bretzel d’Or par l’Institut des Arts et Traditions Populaires d’Alsace lors de la cérémonie du 22 octobre 1979, dans sa ville natale, Guebwiller.

Son laudateur et créateur des Bretzels d’or, Germain Muller, affirme que le destin d’Alfred Kastler est amphibie, qu’il est devenu un éminent savant français tout en restant un poète romantique allemand. Une troisième phase accompagne ce dualisme, la philosophie qui aboutit à un engagement antifasciste en faveur de l’Europe : « Professeur Kastler, vous êtes la conscience de l’Alsace, son courage et son honneur, merci d’avoir accepté ce prix », et Alfred Kastler de répondre : « C’est pour moi une soirée de grand réconfort, elle montre combien l’Alsace est riche de valeurs artistiques et culturelles ».

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