Quel est votre lien avec Mutzig ?
Je ne suis pas une enfant du pays (rires). Je suis une enfant adoptive de Mutzig. J’ai grandi à Molsheim, dans notre ville amie et voisine. Mes parents se sont installés plus tard à Mutzig. Pour ma part, j’ai suivi leur exemple en construisant ma vie de famille. Nous ne sommes plus jamais partis. Nous vivons ici depuis 22 ans..
Comment a débuté votre vie municipale ?
Je me suis d’abord lancée dans l’associatif. J’ai commencé comme parent d’élève pendant plusieurs années. En 2014, j’ai été approchée et on m’a proposé d’intégrer la liste de Monsieur Schickelé, alors candidat à la mairie de Mutzig. J’ai participé à la première réunion de groupe et je me suis laissé porter par l’aventure. Une fois élu, Monsieur Schickelé m’a proposé de devenir adjointe chargée de la jeunesse, un domaine dont je me suis occupée pendant six ans. Nous avons notamment donné vie à l’animation jeunesse. En 2020, Monsieur Schickelé s’est représenté et je suis devenue la première adjointe chargée des finances, de la sécurité et de la communication.
Que retenez-vous de ces douze années d’adjointe ?
Je retiens surtout une aventure humaine. Répondre aux interrogations de tout le monde, c’était aussi un challenge constant. J’ai beaucoup gagné en expérience dans des domaines divers et variés, ce qui m’a permis de grandement ouvrir mon champ de compétences. J’ai eu la chance de travailler avec Monsieur Schickelé. Il a permis à ses adjoints de s’exprimer, de partager leurs positions et de construire un projet viable ensemble. Ces douze années m’ont permis de me faire une idée de ce que représente le rôle de maire.
Comment s’est décidée votre candidature ?
Monsieur Schickelé s’est investi plus de 40 ans dans la vie politique locale. Il a simplement décidé de partir pleinement à la retraite. Il n’y a pas eu de velléités au sein du groupe majoritaire. Mes colistiers m’ont immédiatement poussée à me présenter. Beaucoup d’anciens élus et des nouveaux m’ont apporté leur soutien. Ainsi, j’ai pu créer une liste variée et solide. Portée par l’ensemble du groupe, par la volonté de répondre aux attentes des Mutzigeois et par l’envie de proposer une alternative, je me suis lancée dans l’aventure.

Comment résumer votre campagne ? Comment l’avez-vous vécue ?
Le groupe s’est réuni très régulièrement. Cette campagne a été très collaborative. Il faut souligner l’investissement fort des colistiers. Nous avons fait beaucoup de porte-à-porte dans les quartiers. De plus, nous avons aussi organisé deux réunions citoyennes. Nous nous sommes présentés, nous avons répondu aux interrogations et nous avons même éclairci certaines zones d’ombres, sur certains sujets. L’idée était de laisser la parole aux citoyens. Sur le plan personnel, cette campagne a été épuisante. Entre mon activité professionnelle intense, mon mandat politique de premier adjoint en cours, ma campagne municipale et ma famille, le plus important, il a fallu trouver un équilibre. J’ai peu dormi, mais l’énergie du groupe était porteuse. Cette campagne a été fatigante, certes, mais aussi épanouissante et enrichissante.
Que pouvez-vous répondre à ceux qui vous assimilent à Jean-Luc Schickelé ?
Durant la campagne, certaines décisions incomprises ou pas acceptées prises par l’ancienne municipalité me sont tombées dessus. J’en ai payé les pots cassés. Des citoyens m’ont interpellée à ce sujet à plusieurs reprises. Il est vrai que j’ai grandi, participé et beaucoup contribué à ses équipes pendant 12 ans. Cependant, je m’appelle bel et bien Caroline Pfister, et non Jean-Luc Schickelé. J’ai une autre énergie, une nouvelle équipe, des idées qui diffèrent et une autre manière de faire. Je ne dis pas que sa stratégie n’était pas la bonne, mais je souhaite impulser quelque chose de différent pour Mutzig.
Les résultats de l’élection se sont révélés très serrés…
C’est vrai, nous avons gagné avec 31 voix de différence. Je m’y attendais. Deux belles campagnes ont été réalisées des deux côtés. Il y avait des attentes fortes, et donc une forte mobilisation. Au vu de l’écart de voix, certains se sont demandé si je serai la maire de tous. Évidemment que je le serai, et sans distinction.
Quels seront les chantiers à mener ?
À notre arrivée à la mairie, nous avons voté le budget. Ensuite, nous avons lancé les premières mesures. L’une d’elles concernait l’installation de pièges pour les frelons asiatiques, si bien que nous sommes devenus la commune à en avoir déployé le plus dans le secteur. De manière générale, l’objectif est d’améliorer le cadre de vie des Mutzigeois, de nos associations, de nos commerçants. Ils sont les forces vives de notre commune. Divers projets sont sur la table : réfection du parking de la mairie, rénovation et aménagement de l’ancienne friche brassicole et réhabilitation de l’ensemble du quartier, création d’une nouvelle caserne pour les pompiers, donner des locaux identifiés à nos associations…
Vous êtes devenue la première femme élue maire de Mutzig. Une belle avancée !
C’est vrai ! En 1972, au décès de son mari Roger Leissner, alors maire de Mutzig, Alice Leissner est devenue maire par intérim. Elle devenait même la première femme maire d’Alsace. Mais je suis fière de pouvoir dire que je suis la première maire élue de Mutzig. Je suis reconnaissante que les Mutzigeois m’aient donné leur confiance.


