Marie Dreikaus s’est fait un prénom sur scène, Huguette, un prénom sans doute moins prude que le sien, pour ses one women show tonitruants avec son style crescendo. L’humour progresse avec la température de la salle jusqu’à atteindre un paroxysme comparable au sifflement d’une cocotte-minute. Seul notre dialecte très imagé et poétique le permet. Huguette la cabarettiste jongle avec les mots, les images et le public. Sur scène, elle fait toujours un tabac. Huguette la chroniqueuse est multimédia, elle surfe aussi bien en radio, qu’à la télé ou en presse écrite avec ses chroniques. Pourtant, tout avait bien commencé, paisiblement : elle vivait entre son métier de prof d’allemand, ses enfants, son mari, sa maison, les conserves, les confitures, le jardin, la broderie et le tricot. Son premier spectacle a été réalisé pour aider ses élèves à partir en voyage scolaire. Les planches, l’écriture et l’intermittence la titillaient. Elle a commencé à la Choucrouterie, avant d’être seule en scène. Elle a été distinguée du Bretzel d’or en 1986 au grand auditorium de FR 3 Alsace. Une fournée plus féminine que les précédentes avec Dinah Faust, Elisabeth Holfert, Suzy Schirmer et Yvonne Haller.
Aujourd’hui, elle écrit toujours et ne prend pas de planche devant la bouche (a Bratt vor s’Mül) pour dire les choses. L’alsacien permet d’enjoliver les situations les plus scabreuses et Huguette aime toujours les situations extrêmes. D’ailleurs même la vieillesse occasionne des règlements de compte dans ses propos… Alzheimer n’a qu’à bien se tenir.


