L’autre jour sur les réseaux, Joseph Spiegel, l’ancien maire de Kingersheim, a posté une phrase d’Hannah Arendt : « Quand on ne peut plus distinguer la vérité du mensonge, on ne peut plus distinguer le bien du mal. Et quand cela arrive, on devient facile à contrôler — non pas parce qu’on a été convaincu, mais parce qu’on a cessé de penser par soi-même. » Une phrase tellement d’actualité, suivez mon regard. Le danger est là, il fonce vers nous comme un gros astéroïde. Y’a de quoi déprimer, mais je crois que rien n’est joué, m’a dit ma voisine. Alors, pour parler d’autre chose, elle m’a demandé si j’étais romantique (j’ai été surpris qu’elle en doute). J’ai répondu que oui, évidemment.
Alors, que penses-tu des chansons surprises fabriquées par l’IA, elle a ajouté ? Eh bien j’ai ma petite larme en écoutant ce genre de titre à l’eau de rose fabriqué pour un anniversaire de mariage par exemple, mais surtout devant les réactions de ceux à qui ces tubes familiaux sont destinés. Leurs proches branchent une enceinte connectée et diffusent la chanson : Maria, merci d’avoir marché près de moi… Mon regard a croisé le tien dans ce bistrot alsacien, et en un instant tout mon monde a chaviré… Je remercie la vie à chaque instant… Chaque instant avec toi prend un sens si profond, comme si l’univers écrivait notre horizon… Le ciel m’a fait le don de toi, c’est ma seule certitude pour ces douze années auprès de toi… Tu es ma compagne, ma maison et ma voix, tu es tout pour moi… Je te revois sur la plage, c’était l’été 86. Nous étions deux cœurs complices… Ton petit cœur qui s’anime et le reflet de ton âme sublime…
Waouh, la chiale totale… On est loin d’Hannah Arendt, mais avant de nous retrousser les manches pour essayer de construire ensemble une France plus juste, plus ouverte, plus forte, plus apaisée (oh putain, on dirait un homme politique), je vais commander à l’IA une chanson d’amour pour la France. Douce France, Cher pays de mon enfance… Comment ça ? Ce n’est pas de l’IA ?


