lundi 12 octobre 2026
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Jean-Philippe Pierre – Gladys ratsche encore !

Depuis près de quarante ans, Jean-Philippe Pierre, alias JPP, fait résonner son humour sur les scènes et les ondes alsaciennes. De ses débuts d’imitateur à La Choucrouterie à son billet d’humeur quotidien sur France Bleu Alsace, en passant par ses chroniques en trois lettres dans Maxi Flash, il s’est imposé comme une figure de l’humour régional. Depuis 2016, il incarne aussi Gladys Muckefratz, une bourgeoise au franc-parler bien trempé. Avec son personnage devenu culte, il sera sur scène le 16 octobre à l’Espace Malraux de Geispolsheim, avec Armand Geber en première partie.

Quels sont vos premiers souvenirs de scène ?

Je me rappelle très bien ma première scène. C’était le 21 novembre 1987 en première partie à La Choucrouterie. À l’époque, j’aimais beaucoup imiter les personnalités locales.

C’est à ce moment que votre histoire avec Roger Siffer a débuté. Qui était-il pour vous ?

Après la première partie à La Choucrouterie, Roger m’a intégré à sa bande dans l’émission de radio Arrache-moi la jambe, alors diffusée sur Radio France Alsace, l’ancêtre de l’actuelle ICI Alsace. J’étais le petit jeunot de l’équipe. C’était impressionnant de se retrouver avec des personnalités de ce calibre, telles que Roger Siffer, Henri Muller ou encore Francis Baerst. Ils connaissaient toutes les ficelles du métier. Ça m’a beaucoup aidé à me lancer. Ainsi, Roger était un peu mon papa dans le spectacle.

Après la découverte de la scène et de la radio, vous vous êtes tourné vers la télévision. Comment l’opportunité s’est-elle présentée ?

Dans Arrache-moi la jambe, j’ai fait la rencontre de Gilles Chavanel, journaliste à France 3 Alsace, mais aussi auteur de théâtre. Un jour, après une émission, il m’a demandé si la télévision pourrait m’intéresser. J’ai forcément accepté. En 1988, il a lancé Plateau repas, une émission diffusée en direct entre midi et deux sur France 3 Alsace. Trois fois par semaine, j’y faisais des imitations. Du jour au lendemain, les gens se retournaient quand ils me croisaient dans la rue. Je n’étais pas le meilleur imitateur du monde, mais mes textes avaient le mérite de faire parler et réagir. Dedans, j’évoquais l’actualité locale. Les DNA parlaient de moi comme « un petit Canard enchaîné local ». Plusieurs moments sont devenus culte : ma reprise de Le jour où la pluie viendra de Bécaud transformée en Le jour où le Racing vaincra, l’imitation de Mitterrand pour évoquer Catherine Trautmann, ou encore ma chanson sur la Foire européenne.

La bourgeoise au franc-parlé Gladys Muckefratz. / ©DR

Est-ce que ces expériences vous ont permis d’évoluer ?

À La Choucrouterie, j’ai proposé trois spectacles d’imitation différents, tout en passant presque chaque jour à la télévision. Ce que je proposais fonctionnait bien. J’ai gagné en expérience. En 1994, j’ai connu les débuts de la revue satirique de La Choucrouterie. J’ai notamment commencé à travailler avec un metteur en scène, Pierre Diependaële, qui m’a beaucoup fait évoluer. Grâce à lui, les gens se sont rendu compte que je n’étais pas juste un type en smoking qui fait des imitations devant un micro. C’est à ce moment-là que j’ai appris mon métier de comédien. Sur scène, au sein de la revue, je m’attaquais à des personnalités alsaciennes telles que Gilbert Meyer, ancien maire de Colmar, que j’appelais affectueusement « bac moins cinq », ou encore Robert Grossmann. J’étais un comédien-chroniqueur qui commentait l’actualité, mais l’aventure s’est arrêtée en 2008.

C’est à cette période que vous avez lancé votre célèbre chronique L’humeur de Jean-Philippe Pierre…

En effet. Après La Choucrouterie, j’ai rejoint une émission présentée par Nadine Dehaye sur France Bleu Alsace. J’y présentais quelques brèves d’actualités, en humour. Je passais souvent dans les zappings. Mes passages étaient appréciés. J’ai aussi travaillé aux côtés de Thierry Kalo, dans l’émission Le Père Kaloteur. En multipliant les passages, j’ai pu intégrer la matinale avec ma chronique L’humeur de Jean-Philippe Pierre. Cette aventure a duré quinze ans, jusqu’en 2023. J’ai proposé près de 4 000 chroniques.

En parallèle, vous montiez sur scène. Qu’est-ce qui l’a permis ?

Durant mon passage à France Bleu Alsace, j’ai rencontré Jean-Marie Arrus. Très vite, l’envie de remonter sur scène est apparue. En 2016, nous avons créé un spectacle. Depuis son décès en 2018, je joue seul. Je me suis inspiré du personnage que jouait Jean-Marie, Madame Ida, une femme de ménage. J’avais plus à cœur de jouer le parfait opposé : une commère bourgeoise.

Et c’est ainsi qu’est née Gladys Muckefratz, que vous jouerez le 16 octobre à l’Espace Malraux de Geispolsheim !

Quand j’incarne ce personnage dans Gladys Muckefratz ratsche encore, je suis grimé en femme, je joue le rôle à fond, je l’aime beaucoup. Sur scène, je ne suis plus moi. Assise sur une chaise ou en mouvement, Gladys, cette bourgeoise entre deux âges, a un avis sur tout et surtout un avis. Elle parle de tout et de rien, et principalement des autres. La politique, les maisons de retraite, la vie de couple, les voyages organisés, les fêtes de village ou encore les régimes : tout y passe. C’est une langue de vipère, une sorcière qu’on apprend à aimer. Ce spectacle, c’est un crachoir. Il est amené à évoluer. Des sketches reviennent de date en date, d’autres évoluent ou disparaissent.

Votre spectacle sera un événement dans l’événement, n’est-ce pas ?

En effet. La date s’inscrit dans le cadre d’un petit festival alsacien. Le jeudi 15 octobre, je serai précédé du théâtre alsacien D’Fameli Strumpfmann, et la Budig fermera la marche avec S’Fangt an quand c’est fini, le samedi 17 octobre. Armand Geber, auteur, compositeur et interprète de chansons en alsacien et en français, se chargera de ma première partie. Sur scène, il traduira librement des chansons anglo-saxonnes reconnues en alsacien, comme de grands classiques des Beatles, d’Elvis Presley ou encore de Bob Dylan, mais aussi des titres français de Gainsbourg, Trenet et même Nino Ferrer.

Plus d’informations sur l’événement via www.espacemalraux.geispolsheim.fr

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