jeudi 25 avril 2024
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L’Alsace, terre de football féminin

Le parking du stade Waldeck de Vendenheim est bien rempli, les trois terrains de foot sont tous occupés par des filles en survêtement rouge : « Ce soir, il y a l’entraînement des U7, U9 puis des U11 et U13, sans oublier les U15 et pour finir, il y aura les équipes séniors », annonce Christian Muhl, président du FC Vendenheim (FCV). Ici, le club est 100% féminin, un modèle unique en Alsace. Descendu en Régional 1 (R1) en 2022 après plus de 20 ans entre la Division 1 et 2, le club a subi une quarantaine de départs à la suite de cette relégation au quatrième échelon national. Depuis, les FCV a décidé de repartir à la base, c’est-à-dire la formation des jeunes joueuses dans toutes les catégories d’âge :
« Culturellement, nous sommes un club familial et formateur. Vendenheim, c’est une référence féminine en Alsace. On veut continuer à alimenter nos équipes séniors de filles formées au club », indique Éric Pastel, dirigeant de l’équipe première. Un club toujours ambitieux qui ne se cache pas : « Après la descente en R1, tout le monde nous croyait sur le déclin, mais on est toujours là, à la lutte dans le haut du tableau ».

L’Alsace est l’une des régions phare du football féminin. / ©Dr

Miser sur la formation

Molsheim, le plus grand club d’Alsace avec 650 licenciés, dont 200 chez les féminines, grandit très vite. L’équipe sénior est lancée en 2019 en District 2, avant de connaître quatre montées successives en l’espace de cinq ans. Fraîchement promues en R1, les protégées de l’entraîneur Stéphane Martos jouent les premiers rôles dans un championnat très relevé, avec des filles formées au club : « L’école de foot est très importante pour nous, on ne veut pas faire de la formation pour les autres clubs. Notre objectif c’est de garder nos meilleures joueuses », lance Virginie Zerr, responsable de la section féminine.

La formation des jeunes joueuses est la base des meilleurs clubs alsaciens. / ©Dr

Même son de cloche à l’AS Musau, stabilisé en R1 depuis les années 2000, bien parti pour jouer la montée en D2 cette saison : « On a été l’un des premiers clubs avec Vendenheim à avoir des sections jeunes chez les filles. On était précurseur. Le football féminin, c’est ancré dans l’ADN de la Musau », indique Olivier Flick, président depuis 2017. Investir dans la formation, c’est se projeter sur le long terme et construire une base solide pour l’avenir : « On est en train de développer l’école de foot à travers plusieurs partenariats. Par exemple, cela fait vingt ans que chaque année, le Leicester Ladies Football Club nous rend visite ou inversement. Cela permet à nos jeunes joueuses de se frotter à une grosse équipe », conclut Olivier Flick.


5 questions à Vincent Nogueira

L’ancien joueur du club de 2016 à 2018 est devenu l’entraîneur de l’équipe féminine du Racing à l’été 2020. Il se confie sur la bonne saison des Strasbourgeoises et aborde l’identité de jeu et les objectifs à moyen terme du RCSA.

Récemment prolongé jusqu’en juin 2026, Vincent Nogueira se sent très bien à Strasbourg autour d’un projet qui lui correspond. / ©RCSA
Le Racing est bien placé pour monter en D1 Arkéma la saison prochaine, c’était l’objectif en début de saison ?

Vincent Nogueira : Au départ, l’objectif c’était de bien figurer dans la première partie de tableau parmi les cinq premiers. On est dans un nouveau championnat, la poule de D2 est devenue très compétitive avec le passage à un seul groupe. À présent, la montée est devenue un objectif avec notre classement. Depuis Noël, c’est quelque chose qui trotte forcément de nos têtes. On s’est fixé des objectifs de passage avec les filles en termes de points. On verra au moment du sprint final où nous en sommes et on fera le point par la suite.

Quelle est la philosophie que vous essayez de mettre en place avec vos joueuses ?

Depuis quatre ans, on essaye de construire un jeu à partir de la possession de balle. On aime avoir une certaine maîtrise collective, c’est quelque chose que les filles aiment et elles adhèrent. On veut être solide défensivement, il suffit parfois d’un seul but pour gagner un match. J’essaye de faire en sorte que les filles s’éclatent à l’entraînement tout en étant rigoureuses sur le plan tactique. Le principal, c’est qu’elles prennent du plaisir pour développer les qualités de chacune.

Le club est-il prêt à assumer une éventuelle montée dans l’élite du football féminin et d’y rester sur le long terme ?

Oui, complètement. Le Racing est solide et nous donne les moyens d’évoluer le plus haut possible, quel que soit notre niveau, soit en D2 ou en D1 à l’avenir. Quand je suis arrivé, l’objectif à court terme c’était de se stabiliser et sur le moyen terme c’était de jouer le haut du tableau, c’est le cas aujourd’hui donc c’est plutôt positif.

Cet été, le Racing a été racheté par le consortium américain BlueCoe, cet investissement concerne également l’équipe féminine ?

Oui, l’équipe féminine fait entièrement partie des plans de BlueCoe, leur objectif est de pérenniser le club en D1. Mais à l’heure actuelle, on est encore en pleine saison de D2, il reste beaucoup de matchs, on ne pense pas encore à la saison prochaine. On reste focus sur notre objectif.

Quel regard avez-vous sur le football féminin en Alsace ?

On a un vivier intéressant, il suffit de voir le nombre d’équipes, de championnats dans la région. On n’est pas en souffrance pour trouver des joueuses de foot contrairement à d’autres ligues en France. On a un pôle espoir qui est à Strasbourg avec beaucoup de jeunes joueuses de qualité.

Matéo Bastian

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