lundi 15 juillet 2024
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Alsace – Huguette Dreikaus fait le ménage

Depuis l’annonce de son cancer il y a deux ans, l’humoriste au franc-parler et au regard malicieux Huguette Dreikaus a changé de rythme de vie. Son humour et sa passion pour les poupées anciennes restent intacts, à 74 ans.

Dans son habituelle robe longue, Huguette Dreikaus reçoit dans sa cuisine, la pièce à vivre de sa maison à Haguenau. Devant une cocotte qui mijote sur le feu en attendant ses petits-enfants, elle donne de ses nouvelles : « J’ai un rythme de vie orchestré par les contrôles, les analyses de sang, les IRM, les visites chez l’oncologue… Je suis entrée dans un monde qui m’était inconnu. Bizarrement depuis ce diagnostic, les lumières de ma vie sont plus vives et les choses importantes éclairées autrement. » Déterminée, elle avoue avoir fait le ménage dans les gens qui l’entourent, et notamment les amitiés virtuelles sur Facebook. « Je n’ai plus de sentiments qui traversent les cadres bleus, parce que ce n’est que de l’écriture. Je sais qui sont mes vrais amis, je les ai rencontrés. »

Une collection de collections

Entre ses chroniques sur France bleu, ses trois chats et son immense jardin, elle a choisi une vie « contemplative ». Idem pour ses collections d’objets dont elle fera peut-être un jour un livre, elle en est « boulimique, j’ai une collection de collections ! ». C’est l’histoire de ses milliers de poupées, logées dans son grenier : « Les poupées, pour moi, c’est devenu, quand j’avais 40 ans, des objets transitionnels. Mes enfants quittaient le foyer, j’ai donc peuplé mon univers de nombreuses et diverses poupées ». Huguette se remémore les sorties du dimanche matin aux marchés aux puces avec son mari, et « les bagarres devant les portes fermées chez Emmaüs. J’étais la première devant la grille et je fonçais. Un jour j’ai failli commencer la troisième guerre mondiale avec une Allemande qui voulait le Mickey que j’avais vu ! J’étais le Poutine d’Emmaüs à l’époque ».

Au-delà de leur valeur marchande, c’est « toute cette recherche, ce Graal, le fait que j’ai retrouvé mon enfance, rencontré des gens devenus des amis, acquis des connaissances sur les poupées en celluloïd » qui font l’intérêt de sa collection. Comme dans un musée du jouet, Huguette a imaginé la mise en scène sur des estrades, sa fille a fait la maison de poupées la plus récente, et une armoire alsacienne a été customisée.

Une épicerie et une mercerie côtoient deux écoles et leurs élèves en miniature. « On pourrait faire un musée, mais ce que je ne supporte pas ce sont les vitres partout. Chez moi c’est vivant, ça prend la poussière. J’ai une aide-ménagère qui les nettoie, elle les met en beauté, j’ai quelqu’un d’exceptionnel. D’ailleurs, je lui ai dit que j’allais l’épouser, comme elle est veuve, c’est possible ! »

Le chiffre : 1890

La plus ancienne poupée date de 1890 et Huguette ignore son prix, sa valeur n’est pas là.

Solann Battin

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