vendredi 21 juin 2024
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Thomas Hansmaennel – La course à la vie

Âgé de seulement 18 ans, Thomas Hansmaennel, originaire de Krautergersheim, a déjà brillé dans toute l’Europe avec son sport : le triathlon. L’année dernière, de l’autre côté de l’Atlantique, à Montréal, il est devenu le dixième junior français de l’histoire à remporter un titre mondial. Début mars, Thomas a participé à des tests de sélection pour l’équipe de France. À Quarteira, au Portugal, à la fin du mois, il devra réaliser un podium pour espérer décrocher son ticket pour Caorle.

Maxi Flash : Comment avez-vous commencé le triathlon ?

Thomas Hansmaennel : J’ai commencé le vélo à cinq ans. J’étais alors en club à Erstein et je faisais de bons résultats en Alsace. Ça me plaisait bien. Un jour, mon père a parlé avec un de ses collègues de travail qui pratiquait le triathlon. Il m’en a parlé, j’ai vu qu’il y avait un club à Molsheim et j’ai essayé. J’ai participé à quelques compétitions dans le secteur et j’ai eu de bons résultats. J’ai continué jusqu’à entrer en section triathlon au collège Henri Meck de Molsheim. L’emploi du temps avait beau être aménagé, les journées étaient longues, surtout avec les transports entre Krautergersheim et Molsheim. J’ai fait ma seconde au Louis Marchal puis j’ai intégré le CREPS de Reims. J’y ai fait ma première et ma terminale.

Où en êtes-vous maintenant ?

Aujourd’hui, je suis une L1 STAPS à distance, à l’Université de Grenoble. Depuis le début de la saison, je suis en « junior 2 ». C’est ma dernière année en tant que jeune. L’année prochaine, je deviendrai un U23 pendant trois ans. En plus de m’entraîner au CREPS, je suis licencié depuis un an au club de Metz. Avant, j’ai été pendant neuf saisons à Molsheim. Mon entraîneur est Maxime Hutteau, l’ancien coach de Vincent Luis. Je ne rentre en Alsace que lors de mes dimanches de repos. En moyenne, c’est une fois par mois. En hiver, c’est moins fréquent. Quand je rentre le week-end, il m’arrive même de m’entraîner dans les environs.

Il travaille dur chaque jour pour atteindre ses objectifs. / ©Dr

Dans votre jeune carrière, vous avez déjà décroché de beaux résultats !

Ma première grosse performance était celle de vice-champion de France de triathlon en cadet 2, en 2021 à Angers. J’ai enchaîné avec Noyon en septembre où je suis devenu champion de France de duathlon. Grâce à ça, j’ai pu participer à ma première coupe d’Europe à Banyoles, en Espagne. Là-bas, j’ai terminé huitième en junior, alors que j’étais encore en cadet 2. En 2022, j’ai été listé comme espoir. J’ai participé à la coupe d’Europe de Quarteira où j’ai réalisé mon premier podium, avec une troisième place. J’ai pu décrocher mon ticket pour les championnats d’Europe et les championnats du monde. Avant Montréal, j’ai participé à une épreuve de coupe d’Europe en Autriche où j’ai fini deuxième. Et deux semaines après les mondiaux, j’ai gagné une épreuve de championnat de France en aquathlon, à Angers.

Vous avez récemment participé aux tests de sélection pour l’équipe de France à Cannes. Qu’est-ce que ça a donné ?

J’ai terminé mes tests à la deuxième position. Ce n’est que le premier qui décroche son ticket pour la coupe d’Europe à Caorle, en Italie, à la mi-mai. Mais je suis quand même content, car j’ai amélioré mes temps de l’année dernière dans les trois disciplines. Je vais devoir réaliser un podium à Quarteira, au Portugal, le 26 mars, pour espérer pouvoir participer à Caorle. En junior 1, j’ai réussi à finir troisième l’année dernière. D’ailleurs, c’est au Portugal que j’avais décroché mon ticket pour la suite, et notamment pour Montréal. À Caorle, si je termine dans le Top 5, ça m’ouvrira les portes des championnats du monde en juillet, mais aussi celles des championnats d’Europe mi-août.

Montréal, parlons-en. Quel souvenir en gardez-vous ?

Nous sommes arrivés sur place quelques jours avant la course. À J-2, nous avions normalement une reconnaissance de parcours. Le matin même, ils nous ont annoncé qu’il n’y aurait pas de natation. Les semaines passées, de grosses pluies ont frappé Montréal. Les égouts ont été ouverts et les eaux usées se sont déversées là où nous devions nager. Par conséquent, l’eau n’était pas assez bonne pour y nager. C’était même dangereux selon les locaux. Finalement, l’épreuve finale s’est transformée en duathlon. Repenser à toutes ces heures passées dans l’eau pour, finalement, ne même pas nager, ça m’a bien foutu les boules. Il fallait l’accepter et se concentrer sur le duathlon au plus vite. En y repensant, ce titre à Montréal est une énorme satisfaction. L’entraînement de 30 à 35 heures par semaine pendant une année a porté ses fruits. C’est une belle reconnaissance.

Est-ce que la natation vous aurait desservie ?

Je ne pense pas. En Coupe d’Europe, j’arrive à me hisser dans les Top 10 lorsqu’il y a de la natation. Maintenant, j’ai passé un cap dans la pratique. J’ai moins de soucis que par le passé, où j’ai dû commencer à zéro. Il faut du temps pour atteindre un bon niveau. Le changement de structure a fait la différence sur beaucoup de choses. Avant d’aller au CREPS, je faisais déjà des Top 10 mais maintenant je fais encore mieux.

Le vélo, son premier amour. / ©Dr

Cette victoire à Montréal était une revanche, n’est-ce pas ?

Oui. Un mois avant Montréal, je me suis rendu aux championnats d’Europe en Pologne. Là-bas, j’ai attrapé un virus deux jours avant la course. Je n’arrêtais pas de vomir et pendant 36 heures je n’avais rien dans le ventre. Le jour J, le médecin m’a dit que si j’arrivais à digérer le petit déjeuner, je pourrais courir. Finalement, je l’ai vomi et il m’a refusé le départ. À ce moment, plus d’un an de préparation partait en fumée. J’ai pris les championnats du monde pour une revanche. Je crains presque de retourner en Pologne maintenant ! (rires)

Comment sont financés vos déplacements ?

En triathlon, il y a les personnes sous sélection, pour lesquelles la Fédération prend tout en charge (déplacements, trans-
ports, logements), mais aussi les athlètes hors sélection qui sont à leurs propres frais. Me concernant, je suis sous sélection et je ne paie rien, et ce depuis deux ans. C’est aussi un énorme gain de temps. Ils s’occupent de tout à merveille et j’ai juste à me concentrer sur mon sport et mes performances. Des partenaires équipementiers me soutiennent aussi, comme Stevens, une marque allemande de vélos, mais aussi la Trace Verte à Mutzig qui me met des vélos à disposition. Depuis peu, je collabore aussi avec Mako, une marque allemande de matériels de natation. Tout l’hiver, j’ai recherché des sponsors. Mais en tant que junior, c’est difficile de trouver des aides matérielles et financières. Ils privilégient les séniors.

Propos recueillis et rédigés par Léo Doré

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