mardi 31 mars 2026
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À m’asseoir sur un banc en Alsace #3 – Sich uff è Bànk ànnesétze…

Voici le banc qui ouvre à tous les possibles… Bi hallem Watter (par temps clair), on balaie du regard tout le Unteremwàld (l’Outre-Forêt) puis la plaine du Rhin avec le Schwàrtzwàld (la Forêt-Noire) à l’horizon. Mais un jour de début de printemps comme celui-ci, on se retrouve entre un blööjer Hemmel (ciel bleu) et une mer de nuages. Ici, au Soultzerkopf, à la croisée de deux sentiers de Grande Randonnée (GR 531 et 532), on se pose à environ 500 mètres d’altitude, un petit sommet du Parc Régional des Nordvogesè (Vosges du Nord). Ce banc est à quelques pas d’un Parkplàtz (parking) accessible en voiture mais c’est bien plus kuràscheert (valeureux) de l’atteindre après avoir gravi les quelque 250 mètres de dénivelé depuis le charmant village de Lampertsloch. Le banc est en contrebas du Refüch (refuge avec l’accent alsacien !) du Club vosgien où tout Schnackèbock qui se respecte a déjà festoyé, pique-niqué ou ewernààcht (passé la nuit)…

Oui vous avez bien lu : un Schnackèbock (escargot mâle ou littéralement bouc des escargots), quel joli sobriquet utilisé pour nommer les Inwohner (habitants) de Lampertsloch. La légende raconte que durant une période de Laawesmettelknàppheit (disette), un homme du village aurait survécu en dégustant des…Schnackè (escargots) ! Ces fameux Dorfnàmmè (noms de villages) qui désignent en réalité tous les membres d’un village sont souvent en rapport avec l’histoire, la géologie ou la géographie même du lieu… Ils dépeignent les Hàndwarrickè (métiers), les situations économiques, les façons de s’habiller ou de se nourrir, les comportements humains d’une certaine époque… Insolites, très imagés et souvent gelunge (hilarants) et satiriques, ils sont issus de l’imaginaire populaire et ils reflètent quelques fois la joie des petites guéguerres intervillages.

et la vue… / ©LB

Ainsi, sous l’épaisse brume que ce banc surplombe, on imagine vivre, entre autres, les Hàlbherre (les demi-seigneurs) de Soultz-sous-Forêt, les Heidelbeereschnitzer (moustaches de myrtilles) de Lobsann, les Petrolsüffer (buveurs de pétrole) de Merkwiller-Pechelbronn… Si beaucoup de ces petits surnoms ne sont plus utilisés, certains perdurent. Et au-delà de donner un fort sentiment d’appartenance, ils encouragent à rester fidèle à ses origines, nett ze vergassè von wie dàss m’r kummt (à ne pas oublier d’où l’on vient).

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