Ma voisine ne lâche pas Trump, elle lui colle aux baskets, elle parle de lui non-stop. Comme tout le monde, comme tous les médias du monde. C’est difficile de faire autrement tellement une info en chasse une autre, à intervalle régulier, comme toutes les saloperies qui passent par la tête de ce danger majeur qui n’hésite pas à nous le montrer, son majeur, pour faire l’apologie de Ice, sa police ultra financée genre nazi, pour faire oublier l’affaire Epstein, pour prendre le Groenland ou faire la promo du documentaire de Mélania financé par Besos et pour lequel elle aurait reçu un chèque de 28 millions de dollars de droits d’auteur de la part d’une entreprise qui détient des contrats gouvernementaux. Trump est partout et même ailleurs. Mais où trouve-t-il toute cette énergie ? On pourrait faire une « Journée mondiale sans Donald Trump », ça donnerait un peu d’air, m’a dit ma voisine en reprenant une boule d’Häagen-Dazs. À part ça, elle ne consomme plus rien d’américain, sauf son café chez Starbucks, ses Converse, ses rasoirs Venus, son 501, Google, Netflix, Insta, un Uber pour rentrer tard, et son IPhone grâce auquel elle a annulé, comme de plus en plus de touristes, ses projets de voyage aux États-Unis. De toute façon, avec ce qu’elle a balancé sur les réseaux sociaux, elle n’était pas près d’y entrer. Parce que vous avez vu, c’est nouveau, si vous voulez aller au pays de Trump, il faut maintenant montrer patte blanche… Vraiment blanche d’ailleurs. Venez avec la preuve que vos réseaux sociaux ne sont pas en opposition avec le maître du monde, que vous n’êtes pas un réfractaire au régime, sinon, vous serez refoulé, vous les migrants mangeurs des chiens. Aujourd’hui on donne ses réseaux, demain son slip et ce qu’il y a dedans. Lady Liberty fait la gueule. C’est glaçant.


