lundi 15 juillet 2024
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Saverne – « Place aux troubadours ! » au temps des sorcières

Certains lieux sont empreints d’histoire, et à Saverne les sorcières ont laissé une trace : c’est à la fin du 17e siècle que le spectacle Sorcières, disaient-ils ! va plonger les spectateurs les 5, 6, 10, 11 et 12 juillet à 20h30 et le samedi 13 à 15h30 au Palais des Rohan, d’après une mise en scène de Christophe Niess.

Après Chorémania en 2022, les Sagas de l’été reviennent avec un spectacle historique dont l’écriture a dû être longue ?

Christophe Niess : Les auteurs Thierry Simon et Sylvie Bazin ont écrit à partir d’éléments historiques, c’est une grande chance d’avoir des minutes de procès dans les archives de la Ville. L’autre chance, c’est d’avoir une société d’histoire à Saverne, ancienne et bien tenue, avec une masse d’éléments publiés. Évidemment, il y a eu bien plus que 70 procès à cette époque, beaucoup de choses nous échappent et les documents sont en allemand, parfois gothique. Et s’agissant de femmes, il y a peut-être eu moins de recherches, car l’histoire a été écrite par des hommes.

Qui était accusé de sorcellerie et pourquoi ?

Christophe Niess : Le milieu populaire, la paysannerie, les gens modestes ou d’un esprit simple sont concernés, même si la bourgeoisie l’était aussi. Dans la pièce, trois procès sont décrits : celui d’Anna Goetz à laquelle on reproche d’être trop âgée, 98 ans à cette époque c’est énorme, elle a survécu à trois maris, à la peste et à une guerre, c’est louche ! Également une femme qui a été relaxée : son mari étant mort, elle a dû se débrouiller pour survivre, et a eu un enfant illégitime, probablement avec le juge. Le troisième, c’est un jeune garçon de 9 ans qui prétend avoir signé un pacte avec le diable et six autres enfants. Les quinze tableaux expliquent un peu l’histoire, et comment on procédait à la torture en trois phases, sans la montrer. C’est aussi un spectacle de danse avec des parties chorégraphiées, comme les femmes guérisseuses dans la forêt, et de la musique en direct. Place aux troubadours en quelque sorte !

Une veuve accusée mais exceptionnellement relaxée. / ©Patrick Bucher.
Les lieux de sorcellerie comme le Bastberg à Bouxwiller ou le Mont St-Michel à St-Jean-les-Saverne sont bien connus. Mais quel est le lien avec le présent ?

Christophe Niess : Le spectacle s’ouvre sur une scène très contemporaine avec des tags sur le monument aux morts, où on a mis un “E” à “À nos mortEs”, et c’est ce que j’aime dans l’écriture de Thierry et Sylvie, le rapprochement entre hier et aujourd’hui. On y parle du dérèglement climatique aussi et pour le reste, c’est évident, le fait que les femmes continuent d’être victimes d’intentions ou de procès malveillants, et de formes de torture, morale ou réelle dans
d’autres pays.

Billetterie sur : www.saverne.fr/sorcieres

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