lundi 15 juillet 2024
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Westhoffen – « Je suis une sorte de médecin du cuir »

C’est en s’achetant un premier pantalon en cuir à 40 ans que Christine Denny a décidé de changer de peau. Après une longue carrière de banquière, elle est devenue maroquinière et exerce ce métier depuis 20 ans.

C’est sur fond de musique jazz que Christine m’accueille dans son tout petit atelier. Divisé en trois pièces, chaque espace est réservé aux différentes étapes de fabrication. Dans la première, les murs sont couverts du matériel nécessaire à la découpe des peaux. Au-dessus de son plan de travail se trouvent ses premières réalisations qui lui servent toujours de modèle.

Il y a des morceaux de tous les côtés : « Je pourrais avoir un logiciel pour les gabarits, mais c’est plus noble de tout faire à la main, c’est comme ça que j’ai appris le métier», dit-elle en souriant. Nous passons à la seconde pièce où une pile de livres menace de tomber. Christine s’installe juste à côté et reprend les finitions d’un sac en cours de création. Ici elle coupe, teint et brûle les tranches pour un fini impeccable, et toujours
100 % artisanal.

Christine en plein travail et avec ses produits. / ©jt

Transmettre un savoir-faire

Le bruit des machines et le frottement du cuir prennent le dessus sur le jazz, mais elle raconte encore :

Christine en plein travail et avec ses produits. / ©jt

« On m’a déjà demandé de réparer des objets qui ont connu la guerre et qui ont traversé les frontières. C’est un plaisir de les faire renaître. J’ai le sentiment d’être devenue une sorte de médecin du cuir et de l’histoire ! », me raconte-t-elle en opérant avec sa lame, à quelques millimètres de ses doigts. Puis, je découvre le dernier espace : « C’est ma caverne d’Ali Baba ! ».

L’odeur m’envahit, elle ne le remarque plus, elle a l’habitude. Il y a des dizaines de peaux de bêtes : Agneau, vachette, porc, veau, et même poisson ! « Ça vous surprend ? », me lance-t-elle. « On peut tout utiliser, c’est ce que j’explique aux personnes qui participent à mes ateliers pour s’initier à la maroquinerie. D’ailleurs ça m’amuse de voir des médecins ou des programmateurs se joindre à moi. Le concept de créer avec ses mains est revenu à la mode et c’est tant mieux » ! Christine a encore deux ceintures et un sac à terminer, il est temps de refermer la porte de ce petit atelier aux grands projets.

 

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