mercredi 22 mai 2024
AccueilCulture & LoisirsGastronomieJulie Soiteur et Hugo Ehrhardt, la cuisine en Partage

Julie Soiteur et Hugo Ehrhardt, la cuisine en Partage

Plus qu’un nom de restaurant, c’est une philosophie de vie de « partage » et une connexion avec leurs producteurs, leurs artisans et leurs clients. Mettant en exergue le cercle vertueux de la générosité et de la sympathique entraide entre professionnels de proximité, Julie Soiteur et Hugo Ehrhardt veulent défendre des valeurs qui leur sont chères : le respect de la nature et la mise en avant du terroir alsacien. Ils ont repris le restaurant Val d’Eléon à Andlau, lui redonnant une seconde vie.

Toute la décoration signe le renouveau. Un vent de jeunesse et de fraîcheur souffle sur cette nouvelle adresse, saupoudrée d’une ambition raisonnée d’un jeune duo au fait de leur métier.

De belles expériences et un beau CV rassurent immédiatement la nouvelle clientèle. De la maison Lameloise chez Éric Pras trois étoiles Michelin, où ils se sont rencontrés, au restaurant Girardin à Colmar, les jeunes trentenaires conjuguent et associent toutes les qualités et compétences requises pour entreprendre et s’installer chez eux. Courageux, ils ont rénové et réagencé les lieux métamorphosant la salle de restaurant joliment boisée, rehaussée d’un mur de pierre, d’un sol parquet et d’élégantes chaises orangées. La lumière douce et tamisée confère une douceur empreinte de sérénité, soulignant le bon goût de la maîtresse de maison, dynamique et souriante, gérant le service à pas de velours.

L’os à moelle sur lit de foin./ ©Sandrine Kauffer

De la ferme à l’assiette

Ouvert le 17 mai, la première carte inscrit des viandes françaises ou européennes, une pêche raisonnée de petit bateau et des produits en provenance des jardins d’Herzog à Mittelbergheim, des fermes Heckmann à Duppigheim, Lindenhof au Hohwald, Saint-Blaise à Valff ou encore Fair’Ma Part à vocation pédagogique inclusive, en lien avec une entreprise adaptée pour personnes en situation de handicap. La Fair’Ma Part est un jardin maraîcher sur petite surface, sur la route des vins d’Alsace. Arianne et Julien prônent un « sol vivant pour des Hommes en bonne santé, protégeant l’environnement ». Des valeurs que Julie et Hugo défendent et soutiennent.

Le quasi de veau de lait est nappé d’un jus de veau perlé. / ©Sandrine Kauffer

L’os à moelle rôti avec ses herbes fraîches et son jus gras est dressé dans l’esprit champêtre sur du foin. Le pâté en croûte d’Hugo, garni de foie gras et de ris de veau, mérite de se présenter à un concours, sublimé et rafraîchi par les radis couleur en pickles. Le quasi de veau de lait, cuit sur le gril, escorté d’artichauts en texture, est nappé d’un jus de veau perlé de toute beauté. Le suprême de volaille d’Alsace cuit sur la peau, et son millefeuille de pommes de terre croustillant est rehaussé d’une émulsion à l’ail des ours. La carte des desserts installe trois valeurs sûres estivales : un dessert à la fraise, à la rhubarbe et au chocolat. Le plus délicat : la larme de meringue, joliment présentée, élégante de sa hauteur, se fracture en révélant la rhubarbe de la ferme Saint-Blaise, travaillée en compotée, en sorbet et en mousse légère au miel de tilleul de M. Patrick. Le plus rafraîchissant, la fraise de la ferme Heckmann, coiffée d’un disque en gelée qui recouvre une salade de fraises liée d’une huile de menthe, un sorbet fromage blanc de la ferme du Lindenhof, le tout déposé sur un biscuit imbibé d’un jus de fraises sur lit de crème mascarpone. Enfin, le plus craquant, la pyramide de tuiles au grué de cacao, dressée comme un rempart à la gourmandise, abritant un travail autour du grand Cru Caraïbes 66% de la maison Valrhona en textures, avec sa glace au lait fumé et une pointe de caramel.

Le dessert chocolat au grand Cru Caraïbes 66%. / ©Sandrine Kauffer

P comme Partage, Passion et Producteurs

« L’Alsace est notre région de cœur, il était important pour nous de nous installer ici », mentionne Hugo originaire du sud de la région. « C’est un retour aux sources », lâche-t-il, avant de nouer son tablier pour le service. En cuisine, il raccorde toute son expérience à la richesse de la terre, moteur créatif pour ses recettes, structurant deux menus : Passion (45€) et Producteurs (55€). Julie remet déjà la carte des mets aux premiers convives. Elle s’ouvre sur une reconnaissance. Elle est dédicacée à tous ceux qui les ont aidés. Julie et Hugo remercient l’électricien, l’entreprise de rénovation, sans oublier leur famille. « Partage n’est pas seulement un mot ni un lieu, c’est aussi et surtout une philosophie et une mise en lumière de nos partenaires et des paysans, qui nous accompagnent dans cette aventure et nous tenons à la remercier personnellement. »

Partage
19 rue du Docteur Stoltz,
67140 Andlau

Sandrine Kauffer-Binz

ARTICLES SIMILAIRES

LES PLUS POPULAIRES