mercredi 22 mai 2024
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Le football Gaélique se développe en Alsace

Le club de football gaélique des Strasbourg Gaels est né en 2019. C’est le seul en Alsace. Ce sport, qui mélange football, handball et rugby, est encore méconnu dans la région, alors que c’est le sport numéro un en Irlande. Par des séances de découverte et de la communication, les Strasbourg Gaels et Gaël Chica, qui s’occupe de la communication du club, espèrent faire bouger les choses et voir une deuxième entité apparaître en Alsace. En juillet, une délégation alsacienne participera aux championnats du monde à Derry, en Irlande.

Gaël, comment décrire votre sport à nos lecteurs ?

Gaël Chica : Le football gaélique est un mélange de football, de handball, de rugby et de rugby à 7. De handball, parce que nous utilisons le haut et le bas de notre corps ; du football, parce que nous jouons au pied ; du rugby, parce que nous pouvons tirer comme au rugby. Du rugby à 7, notamment en matière d’engagement physique. Les joueurs n’ont pas le droit au contact comme au rugby, mais ils n’ont pas le temps de s’arrêter. C’est difficile de se poser et de souffler. Le ballon est toujours en mouvement. Les règles sont faites pour que le jeu soit offensif. Pour faire simple : c’est un terrain de football classique, avec des poteaux de rugby sur les buts, où nous jouons à la main et au pied. Les buts inscrits qui terminent leur course au fond des filets rapportent trois points, mais qu’un seul lorsque les tirs passent au-dessus de la barre transversale.

Quelle est l’histoire du club de Strasbourg ?

Contrairement à de nombreux autres clubs en France, celui de Strasbourg n’a pas été créé par des Irlandais expatriés en France. C’est Maël Dancette, l’actuel président, qui a longtemps vécu et pratiqué ce sport à Paris, qui a eu l’idée de créer un club à Strasbourg en 2019, après son déménagement. Au début, à la création de l’association, ils n’étaient que cinq. Au fur et à mesure, le club s’est développé. Aujourd’hui, nous sommes plus de 55. Il y a un vrai engouement, aussi bien de ceux qui ont déjà pratiqué un sport de ballon, que ceux qui n’en avaient jamais fait. Pour les intéressés : ceux qui sont bons de la main ou du pied s’y retrouveront sans problème. Un handballeur ou un footballeur, il n’y en aura pas un meilleur que l’autre. Chacun mettra à profit ses qualités. C’est un sport ludique, qui n’est pas facile à prendre en main, mais qu’on assimile tout de même assez rapidement.

Avez-vous des Irlandais dans vos équipes ?

Oui. En plus d’être la capitale européenne, Strasbourg est la deuxième ville Erasmus de France, derrière Paris. Elle a la particularité de compter de nombreux expatriés irlandais. Beaucoup d’entre eux viennent jouer avec nous. En vivant à Strasbourg, à aucun moment ils ne pensaient qu’ils allaient pouvoir jouer au football gaélique en France. Ils se retrouvent ici avec une bonne ambiance. C’est gagnant-gagnant. Eux nous apportent leurs expériences, ce qui nous fait grandir, et nous, une structure pour qu’ils pratiquent leur sport de cœur. Par rapport aux autres clubs, qui comptent des « Irlandais historiques », comme les fondateurs par exemple, nous avons la chance d’en avoir plus qu’eux en activité. Chez nous, les entraînements et les différents speechs sont en anglais et en français. Il y a un vrai mélange linguistique. En plus des Irlandais, nous avons un Espagnol à nos côtés, mais aussi un Gallois, un Allemand et il y avait même un Anglais.

Comment se déroule la compétition ?

Aux Strasbourg Gaels, nous évoluons en deuxième division. Nous sommes deuxièmes du championnat. Aujourd’hui, il y a deux entités : le championnat fédéral, sur toute la France (sans la Bretagne), et le championnat breton, qui inclut Nantes en plus. Nous évoluons dans le classement fédéral. Notre objectif est de progresser, soit en accédant à la D1, soit en restant durablement dans le Top 3. Nous avons aussi une équipe féminine au club. Il y en a pour tout le monde ! Le but du jeu est avant tout de prendre du plaisir et de vivre de beaux week-ends. Nous prenons du plaisir sur le terrain et ça se voit. Pour les déplacements, nous trouvons de l’argent où nous le pouvons. Nous comptons sur nos partenaires. Nous sommes toujours ravis d’en accueillir de nouveaux. Sans eux, les choses seraient plus difficiles. Nous souhaitons les conserver pour pérenniser le club.

Vous irez aux championnats du monde !

Oui ! Une délégation alsacienne sera du voyage. Ils se dérouleront à Derry, en Irlande du Nord, à la fin du mois de juillet. Nous sommes actuellement en train de créer les maillots. Grâce à cet événement, nous voulons faire parler de nous, mais aussi faire rêver. Je ne connais pas beaucoup de sports qui permettent de jouer une coupe du monde en étant amateur.

Aujourd’hui, il y a moins de 1 000 licenciés en France. Quel est votre rôle en Alsace ?

Nous cherchons à créer une émulation autour de notre sport. Nous souhaitons recruter, mais aussi aider à la création d’autres clubs en Alsace, notamment à Haguenau ou à Saverne. Nous sommes là pour les accompagner. Aujourd’hui, l’idée serait de lancer une ligue en Alsace avec plusieurs clubs. De plus, le football gaélique est accessible et très peu coûteux pour les communes. Je pense vraiment que cette pratique a un avenir. Nous proposons des initiations, comme récemment à Kilstett, Gambsheim et La Wantzenau. L’idée est d’exporter notre modèle.

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