lundi 15 juillet 2024
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Grandfontaine – Temple du Donon : Vent debout

Ce week-end j’ai décidé de me lancer à l’assaut du massif du Donon, qui culmine à 1008 mètres, pour découvrir ce temple dont j’ai tant vu passer les photos, mais à propos duquel je ne connaissais pas grand-chose.

«Le Temple du Donon, ça s’mérite », c’est ce que m’avait lancé Simone de l’Office du tourisme au téléphone avant ma folle ascension. Elle ne pensait pas si bien dire ! En bonne sportive du dimanche, pour être au top de la performance, j’avais tout prévu : chaussures de rando’, legging de combat, doudoune et bonnet, molletonnée de la tête aux pieds, fin prête à gravir ce sommet. À mon arrivée, la montagne est plus enneigée que prévu et, comme il est très tôt, je suis la première à la fouler. Mon premier pas s’enfonce à 3cm dans la poudreuse, le suivant disparaît à un mètre. Bon, c’est plus compliqué que ce que je pensais.

J’avance, lentement, mais sûrement, parfois je glisse, toujours élégamment – aucune preuve à l’appui – et je me réfère aux petits rectangles rouges cloués sur les arbres pour m’orienter. Mais Simone, tes balises, elles disparaissent sous la neige ! Pour une personne normalement constituée, ça peut aller, mais pour moi, qui ai autant le sens de l’orientation qu’une boussole sans aiguille, c’est pas gagné, les archéologues vont me retrouver fossilisée d’ici cet été ! Heureusement, après m’être répété « t’es sûre que c’est à droite et pas à gauche », avoir essayé, et m’être trompée, j’ai fini par arriver au sommet, et quelle vue !

Il était là, devant moi, dressé sur ses gigantesques piliers, le majestueux temple greco-ro… Ah non ? Jean Marie Holderbach, archéologue guide pour l’Office du tourisme, m’interrompt dans mes pensées – le froid, ça ne me réussit pas – il m’a expliqué avant ma visite que ce lieu saint n’est absolument pas un vestige ancien ! Il s’agit en réalité de la lubie d’un médecin de Schirmeck, passionné d’histoire qui, en 1860, s’est dit que ce serait joli de planter un temple sur ce gros galet. Pour ce qui est de financer son projet pharaonique, les maires du secteur lui ayant claqué la porte au nez, il investit une partie de ses économies, se fournit dans une carrière voisine et avec l’aide d’ouvriers, érige un musée pour accueillir les vestiges celtes et romains retrouvés sur le site. Car rassurez-vous, ce monsieur n’était pas le seul à trouver l’endroit charmant – bien que fort exposé au vent – puisqu’en contrebas du temple, il y a de vraies ruines du 2e siècle apr. J.-C. d’un sanctuaire dédié à Mercure.

Veni vidi vici, le blizzard ne va pas tarder à emporter le bout de mon nez, il est temps de rentrer, la descente se fait en grande partie sur le fessier – technique testée et approuvée pour ne rien se casser – prochaine escapade, le chemin des stèles, juste à côté !

Lucie d’Agosto Dalibot

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