lundi 13 avril 2026
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Le cadmium de nos soucis

Dans un an, on mettra un bulletin de vote dans une urne pour désigner le(a) prochain(e) président(e) de la République. L’autre jour, ma voisine m’a dit qu’il nous restait quelques mois pour nous poser cette question : Pour qui allons-nous voter exactement ? Pour qui, dans le sens « que vont faire ceux que nous allons élire pour notre santé et celle de la planète, pour notre avenir ? Il y a des centaines de sujets sur lesquels, normalement, les médias interrogeront les candidats, mais nous pouvons prédire que la forme l’emportera, qu’il n’y aura pas de débats constructifs, car c’est une habitude sous forme de lâcheté d’un système qui finit par éloigner les gens du vote.

Nos politiques sont irréprochables, ils ont toujours raison. Les débats consistent à désigner celui ou celle qui a gagné sur la forme, jamais sur le fond. Alors, qui parlera de l’environnement ? Le sujet fut complètement absent des Municipales. Qui parlera du cadmium ? Ce métal lourd qui reste longtemps dans l’organisme, ce cancérogène avéré qui augmente aussi le risque de maladies neurologiques et cardiovasculaires. Les enfants seraient même les plus exposés, surtout pendant la période de croissance où le cadmium se fixerait sur les os à la place du calcium. C’est une horreur. L’ensemble de la population est plus ou moins exposé au cadmium, l’Alsace par exemple ne figure pas dans la liste des sols qui ont de fortes teneurs naturelles en cadmium, mais ce n’est pas une raison pour ne pas s’y intéresser surtout qu’il y en aurait dans toutes nos assiettes, dans les pommes de terre, les pâtes, le pain, les céréales, etc. partout, car les agriculteurs ont recours à des engrais très cadmiumés.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a tiré la sonnette d’alarme et confirmé « une surexposition de la population française au cadmium par l’alimentation », dans un rapport rendu le 25 mars, elle recommande une action rapide pour la réduire. D’après l’Anses, le bio n’y échapperait pas même si la Fédération nationale de l’agriculture biologique déplore des erreurs et demande de rectifier l’expertise. Qui a raison ? La communauté scientifique alerte en tout cas sur ce problème depuis plus de dix ans, sans être parvenue à faire réagir les pouvoirs publics. Pourquoi ? Mystère. Alors, qui va réellement s’occuper des vrais problèmes, des problèmes d’aujourd’hui et de demain, au-delà des belles paroles pour se faire élire ? Ces questions de santé publique, il y en a beaucoup d’autres, ne doivent pas simplement nous effleurer. Restons attentifs et regardons de près les actes de celles et ceux qui prétendent gouverner la France. Ma voisine a toujours raison, c’est le moment de voir qui s’engage vraiment.

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