Marion Pouvreau et Camille Broquet, désormais autrices et comédiennes, se sont rencontrées sur les bancs du Cours Florent, à Paris, il y a une dizaine d’années : « En sortie d’école, nous avons créé la compagnie Le monde au balcon et nous avons écrit notre premier spectacle ensemble. Il s’appelait On dirait ton père, c’était un trio », se souvient Marion. « Nous avons enchaîné avec une deuxième création, toujours un trio, baptisée À qui tu parles ? », ajoute-t-elle. Il y a un peu plus de quatre ans, Marion et Camille se sont souvenues d’un détail de leur scolarité, d’une lecture qui les a marquées : Madame Bovary de Gustave Flaubert. « J’ai l’impression que ça a été le pire classique que nous ayons eu à lire. Je n’en pouvais plus de cette bonne femme qui s’ennuie.
Encore maintenant, je soupçonne mon professeur de français de l’époque d’être tombé amoureux d’Emma Bovary, le personnage principal », s’amuse Marion. « En le relisant vingt ans plus tard, mon avis a complètement changé. Je l’ai bien mieux compris qu’à l’époque, sous la contrainte. Je me suis reconnue dans ce roman. Je me suis surtout rendu compte qu’il s’agit d’une œuvre majestueuse. Ainsi, nous avons décidé de travailler cette œuvre, en l’adaptant à notre sauce », complète-t-elle.

Madame Bovary en moins long… et plus drôle
Pour les deux comédiennes, Madame Bovary a un véritable potentiel comique : « Page après page, Flaubert passe son temps à se moquer de ses propres personnages. Cette matière, nous avons décidé de l’exploiter, de la mettre en avant. Pour réussir à faire rire, nous avons poussé ces situations vieilles de presque deux siècles à l’extrême, en utilisant des références populaires d’aujourd’hui. S’appuyer sur quelque chose de chiant pour en faire quelque chose de passionnant, ça demande du travail, et on peut vite se prendre les pieds dans le tapis ».
Il y a quatre ans, Marion et Camille ont débuté l’écriture : « La première représentation de Madame Bovary en plus drôle et moins long a été donnée en 2023. Depuis, la pièce tourne beaucoup. Nous aurons à nouveau la chance de la présenter au Festival d’Avignon cet été. De plus, nous avons déjà de nombreuses sollicitations pour l’année prochaine ». D’une durée de 1h15, cette pièce prouve que les thématiques de Flaubert — l’ennui, la quête d’idéal et la condition féminine — sont plus actuelles que jamais : « Personne n’est obligé d’avoir lu le livre pour venir découvrir la pièce. Elle s’adresse à tous », conclut Marion.
Informations et billetterie sur www.lascene-mutzig.fr



