Douceur ou tempête intérieure ?
(silence) Les deux sont dans le livre. La douceur d’une mère aimante qui aide à vivre, mais la tempête intérieure, elle ne peut pas la calmer complètement, elle est toujours là. Les deux vraiment, la douceur, c’est une arme contre les tempêtes, ma mère n’a rien su mais m’a permis de faire face à la violence.
Silence ou confession ?
Je ne faisais pas un secret de tout ça, j’avais un ami que je cite avec qui on parlait vraiment de ces choses-là, puis il y a eu le travail chez le psychanalyste… De mon point de vue, quand la littérature est une confession au premier degré, ce n’est pas sa fonction, il faut que ce soit digéré dans sa vie pour en faire quelque chose de littéraire.
Regrets ou progrès ?
(silence) Le monde change à une allure incroyable et je n’allais pas ramener l’intelligence artificielle, c’est trop tarte à la crème. Donc le monde change dans tous les domaines, par exemple au jardin, et il n’y a pas de regret, mais un regard poétique sur les jardiniers de mon enfance, une tendresse quand je regarde le passé.
Vieille langue ou langue nouvelle ?
Je ne voulais pas que dans mon vocabulaire, on retrouve le débat politique—qui est intéressant. Si j’avais dit le dialecte ou l’alsacien, j’aurais renvoyé au débat en Alsace, sur l’immersion, la langue du voisin, etc. Faire de la littérature, c’est inventer un langage et il faut éviter que le lecteur retrouve des manières de voir le monde comme tous les jours en lisant le journal.
Universel ou personnel ?
Le point de départ est intime, mais si j’en fais un texte publié, c’est que je pense que ça peut toucher beaucoup de monde, donc universel. Je fais référence à beaucoup d’écrivains qui m’ont marqué, Thomas Bernhard, Georges Bernanos, Kafka… Ma mère ne connaissait pas ces auteurs—mais on sait que cette lettre c’est un artifice—, et en les citant ils me sont comme une garantie morale d’une certaine tenue du livre comme sur les maisons alsaciennes, les colombages ne sont pas là pour être beaux mais pour soutenir la maison. Ces auteurs que j’ai dans la tête font partie de ce que je suis.
Enfin, comment ça va M. Kretz ?
Je suis très content, j’ai mis cinq ans à l’écrire, par bribes, mais je constate que c’est lu par énormément de gens, je suis sur un petit nuage !
En dédicaces à la Foire du livre de Saint-Louis les 11 et 12 avril et au Moulin Pfister à Wissembourg le 30 avril à 20h.



