lundi 23 mars 2026
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Lucien Matzinger – Passion hippique

À Hoerdt, l’hippodrome fait vivre la passion des courses depuis plus d’un demi-siècle. Sur ses 42 hectares, chevaux, jockeys et turfistes se retrouvent régulièrement pour des réunions qui rythment la saison hippique alsacienne. À la tête de la Société des courses de Strasbourg-Hoerdt depuis trente ans, son président Lucien Matzinger veille à faire perdurer ce lieu emblématique, entre tradition, modernisation et amour du cheval.

Lucien, d’où vient votre lien fort avec l’hippisme ?

J’ai grandi dans une famille passionnée de cheval. Mon père était propriétaire de chevaux. Il a même été un des membres fondateurs de la Société des courses de Strasbourg. Il a longtemps siégé dans son conseil d’administration. En parallèle, j’ai des frères et beaux-frères propriétaires, éleveurs, entraîneurs et même médecins de service.

Quand avez-vous commencé à véritablement vous y intéresser ?

En 1983. Deux ans plus tard, je suis devenu membre de la Société des courses de Strasbourg-Hoerdt. L’ascension a été rapide. En 1989, j’ai accédé au comité et au bureau de l’association. En avril 1990, je suis devenu commissaire, en activité à Strasbourg-Hoerdt et Wissembourg. Après avoir atteint la vice-présidence en 1992, j’ai été désigné président en 1996. Je suis en poste depuis trente ans.

En 2015, vous êtes devenu président de la Fédération de l’Est. Comment fonctionne l’hippisme en France ?

Il y a plus de 230 hippodromes en France. Leurs statuts ont été fixés par le ministère de l’Agriculture, pour le bien-être des animaux, par le ministère de l’Intérieur, pour encadrer les paris, et par le ministère de l’Économie et des Finances, pour gérer les prélèvements effectués par l’État. Une fédération nationale, la Fédération nationale des courses hippiques (FNCH), encadre nos activités. Ensuite, le territoire français est découpé en dix fédérations régionales. Strasbourg-Hoerdt dépend de la Fédération de l’Est, que je préside. Cette dernière gère tous les hippodromes du Grand Est et s’occupe notamment des tests antidopage. La Société d’encouragement à l’élevage du trotteur français (SETF), fondée en 1864, organise et œuvre au développement des courses de trot. Son homologue, France Galop, est la société organisatrice des courses nationales de plat et d’obstacle.

Le bâtiment central de l’hippodrome est surplombé par une tribune. Des guichets parieurs, un espace dédié à l’administratif, un restaurant panoramique, un salon VIP et une tour des commissaires le complètent. Chaque réunion rassemble 80 à 110 chevaux, en moyenne.
L’hippodrome dispose de 120 box individuels. / ©DR
Quel est le profil de l’hippodrome de Strasbourg-Hoerdt ?

Le site couvre une surface totale de 42 hectares. Nous disposons d’une piste de galop de 1 800 mètres en gazon et d’une piste de trot de 1 280 mètres en mâchefer. L’hippodrome emploie six personnes : trois pour l’entretien, un chargé du centre d’entraînement, un directeur et une alternante en communication. Les jours de courses, une trentaine de personnes peuvent être mobilisées. Chaque année, nous accueillons 16 réunions, dont 12 premiums et 4 PMH (pari mutuel hippodrome). Nous enregistrons une moyenne de 50 millions de paris à l’année, au niveau national, rien que sur les courses de Strasbourg-Hoerdt.

Comment l’hippodrome de Strasbourg-Hoerdt finance ses activités ?

Par les turfistes (parieurs) et les propriétaires. Nos revenus proviennent des entrées, d’une part sur chaque pari, de la rétribution de la FNCH, des sponsors et de la location d’espaces.

Les paris, parlons-en. Comment sont-ils organisés ?

Pour encadrer les paris, un groupe d’intérêt économique (GIE) a été créé en 1930 : le PMU, pour le pari mutuel urbain. Il a le monopole des paris hippiques. Depuis 2010 et la loi sur l’ouverture à la concurrence du marché des jeux d’argent en ligne, les turfistes peuvent parier en ligne. Durant nos réunions, les parieurs qui ne sont pas à l’aise avec les outils électroniques ont la possibilité de parier en se rendant à des guichets physiques. Chez nous, les prises de paris sont gérées par le groupe CARRUS. En 2025, les paris ont généré un résultat net de 803 millions d’euros, alors que près de 835 millions d’euros étaient attendus en début d’année. Même si le chiffre d’affaires national 2025 a été en deçà des objectifs, c’était une bonne année. Nous espérons que 2026 sera encore meilleure, et que notre meilleur ami, le soleil, sera au rendez-vous.

La nouvelle saison vient de débuter. Que peut-on dire des courses à venir ?

Le 6 avril à 14h30, pour le lundi de Pâques, nous organiserons une réunion PMH de trot. Une réunion premium plat/obstacles suivra le samedi 18 avril à 16h. Le programme complet est disponible sur le site de l’hippodrome de Strasbourg-Hoerdt : www.hippodrome-strasbourg.fr 

L’hippodrome dans l’histoire

Le premier hippodrome de Strasbourg se situait à l’emplacement actuel du Jardin des Deux Rives entre 1924 et 1939. La décision d’en implanter un nouveau à Hoerdt a été prise en 1967. Ainsi, en 1970, un site flambant neuf a été inauguré. L’Association des courses hippiques de Strasbourg-Hoerdt venait de naître. Les tribunes actuelles ont été érigées en 1976, avant d’être remises aux normes en 1998. Au début des années 2000, deux bâtiments situés à chaque extrémité de la tribune centrale, un salon VIP, une tour des commissaires et un panneau électronique ont été ajoutés.

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