Le Batelier du Ried habite au bord de la rivière depuis toujours. Ried désigne une région naturelle alsacienne et luxuriante, bordée par l’Ill et le Rhin. Patrick Unterstock y organise des visites guidées, pédestres ou à vélo, mais aussi et surtout, en barque. « C’est le fer de lance ! Je propose 2 circuits, un petit et un grand », acquiesce-t-il.
Des visites durant lesquelles le batelier commente le paysage, narre l’histoire, évoque la faune et la flore, « avec quelque chose à boire à l’arrivée dans une prairie, l’élixir du batelier, un jus de fruit maison. J’ai toujours été attiré par l’eau, la nature, l’histoire de l’Alsace et la navigation », ajoute le guide conférencier, diplômé d’un master d’histoire. Avec de telles connaissances, il sait mieux que quiconque comment évolue son territoire. Et comment le sauver face à la crise climatique.

Un paysage changeant
« Quand j’étais petit, on voyait plus d’oiseaux rares, aujourd’hui devenus très rares, comme le courlis cendré. D’autres remontent vers le nord, comme le Guêpier d’Europe », commence-t-il.
Selon lui, la rivière a également subi des changements, en s’érodant. Autre conséquence du dérèglement climatique, des inondations à n’importe quel moment de l’année : « C’est incroyable. Ça peut faire déborder la rivière, et ça impacte l’activité ».
Dans le même temps, les sécheresses se multiplient. Heureusement, il a toujours pu naviguer, mais il lui est arrivé de racler le fond. « Je sensibilise les touristes et je parle de l’environnement, des oiseaux, au fil de l’eau », revendique cet amoureux de la nature. Ainsi, pour protéger ce milieu, il appelle à reverdir et « désimperméabiliser » les sols, afin que l’eau de pluie retourne dans la nappe phréatique. Il souhaite également une harmonisation entre le Haut-Rhin et le Bas-Rhin concernant la gestion des rivières. Des solutions, locales, qui apportent un vent d’optimisme : « Le Ried, c’est toute une faune et une flore qu’il faut absolument préserver », conclut-il.