Par sa scénographie, son budget et sa durée, l’exposition Costumes et images d’Alsace, Se vêtir en Pays de Hanau est la première de cette envergure depuis la rénovation du musée de Bouxwiller en 2013. C’est à la faveur d’un « chantier des collections » que le thème fédérateur des costumes en Pays de Hanau est venu à Gaëlle Rybienik, attachée de conservation du patrimoine au Parc naturel régional des Vosges du Nord (PNRV).
« En 2022, le PNRV a décidé de faire l’inventaire de 20 000 œuvres de ses réserves, arts de la table, mobilier, cartes postales, et parmi celles-ci 3000 pièces de textile. Le sujet a bien plu parce qu’il permet de s’identifier, et c’était un challenge pour nos équipes », se souvient-elle. Cinq personnes travaillent ainsi depuis un an sur l’exposition, se formant notamment sur la fragilité des étoffes, en plus d’un graphiste, d’un traducteur, et du concours des musées de Strasbourg, Wissembourg et Pfaffenhoffen.

Enlever les stéréotypes
Didactiques et ludiques, les objectifs de l’exposition sont multiples :
« Nous nous sommes rendu compte que les costumes de Hanau et du Kochersberg sont proches, il s’agit ainsi d’ouvrir les frontières et d’enlever les stéréotypes liés aux représentations », estime Gaëlle. En croisant des photos du 19e siècle et des pièces de costumes, il est possible de tracer une chronologie des us et coutumes en Pays de Hanau. Mais toujours avec « des doutes qui persistent : 80% des textiles étaient rangés dans des boîtes sans indication de provenance. Les plus vieux datent de la fin du 18e siècle, les plus récents des années 2000 et ce sont des répliques folkloriques ».

Ainsi la scénographie passe des mannequins à la vidéo, du meuble à techniques et matériaux aux affiches publicitaires. Selon la conservatrice, « l’entrée spectaculaire présente chaque objet séparément. Cela permet au visiteur de se mettre à la place du scientifique, par exemple sur l’évolution des tissus, passant du chanvre, au lin, au coton, au synthétique, et ainsi les couleurs ». Du plafond tombe un impressionnant ruban de 2m50, avec la description du nœud qu’il peut devenir.

« Finalement, il ne reste du costume de Hanau que le gros nœud qui finit par représenter tous les costumes alsaciens », conclut Gaëlle Rybienik. L’inventaire quant à lui continue, tout comme la mode suit son cours : la coiffe rose fuchsia et le sac Kouglof de Victor Weisanto prouvent que le costume alsacien plaît toujours.

L’info en plus
Le musée du Pays de Hanau s’anime tout au long de l’exposition. Un atelier broderie aura lieu le 21 mars à 14h30 (à partir de 14 ans, 7€), un atelier Fabrique ton plastron ! le 25 mars à 15h (6 à 12 ans, gratuit), une démonstration de broderie et nouage de franges les 11 et 12 avril à 14h30 (gratuit), ainsi que des conférences et visites guidées. Le musée est ouvert du mercredi au dimanche, de 14h à 18h (7€/4€50). Programme complet et infos sur www.museedupaysdehanau.eu


