vendredi 6 mars 2026
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Mollkirch. Dominique Guillien-Isenmann : « J’ai à cœur d’aider toutes les personnes laissées au bord de la route »

L’été dernier, Dominique Guillien-Isenmann, Lyonnaise d’origine installée à Mollkirch depuis de longues années, a été élevée au grade de chevalier de la Légion d’honneur pour son action en faveur des femmes depuis plus de cinquante ans. Toujours et encore investie au sein de l’association Solidarité femmes 67, elle a accepté, pour Maxi Flash, de revenir sur son parcours.

Maxi Flash : Comment est née la militante que vous êtes ?

Dominique Guillien-Isenmann : J’ai un souvenir de ma mère, toute fière de nous montrer, à mon père et moi, son premier contrat de travail signé de sa propre main, car ce n’était pas fréquent qu’une femme travaille au début des années 60. Sans le vouloir, cet événement a développé en moi un profond sentiment féministe. Cette volonté farouche d’indépendance et d’émancipation m’a gagné très tôt dans ma vie. Quant au goût du combat, il provient sûrement de mon père, qui protestait aux côtés de ses collègues ouvriers en 1968. J’ai suivi son exemple et j’ai commencé à manifester à mon tour, notamment aux côtés du Mouvement de libération des femmes (MLF), bien que je n’aie jamais été engagée.

Pour résumer votre parcours de vie, il est réducteur de dire que vous n’avez aidé que les femmes…

Effectivement. J’avais et j’ai à cœur d’aider toutes les personnes laissées au bord de la route. Quand j’ai obtenu mon diplôme d’éducatrice spécialisée en 1974 à Strasbourg, j’ai commencé à travailler en prévention spécialisée au Neuhof. Ensuite, je suis passée par l’ARAHM, un établissement pour enfants et adolescents handicapés, et enfin, par le foyer Les Fougères de la Robertsau, qui accueillait des jeunes filles placées par la justice. Le plus souvent, elles étaient victimes de maltraitances, ou exprimaient l’horreur de leurs vies à travers la délinquance. En plus de quarante ans, j’ai beaucoup appris aux côtés de ces publics.

Vous avez rejoint SOS Femmes alternatives – anciennement SOS Femmes battues, et dorénavant Solidarité femmes 67 – à la fin des années 70, et vous en faîtes toujours partie. Vous l’avez dirigée entre 2005 et 2013 et vous avez même présidé la fédération nationale pendant onze ans, jusqu’en 2025. Pour votre action professionnelle et ce parcours associatif, vous avez été élevée chevalier de la Légion d’honneur. Pour qui était votre première pensée ?

Un jour, la députée Louise Morel, avec qui j’avais déjà échangé à plusieurs reprises, m’a appelée pour m’annoncer la nouvelle. En raccrochant, j’ai été submergée par les émotions, je me suis effondrée. C’est à ma mère que j’ai immédiatement pensé. C’est une belle reconnaissance pour cinquante-quatre ans d’engagement, et surtout un beau symbole pour toutes ces femmes et toutes ces personnes laissées au bord de la route.

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